Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, s’est rendu ce lundi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, Parlement) pour solliciter la confiance d’une majorité absolue de ses députés, soit 109 voix sur 217, en faveur du récent remaniement ministériel partiel.

Au début de la semaine dernière, M Chahed avait annoncé un remaniement ministériel touchant 13 ministères, dont un portefeuille souverain, la Justice, ainsi que cinq secrétariats d’Etat.

Pour rappel, le premier gouvernement de Youssef Chahed avait bénéficié une première fois de la confiance de l’ARP le 26 août 2016, avec 168 voix favorables, 22 contre et 5 abstentions. 

Le chef de la primature tunisienne s’adresse ce lundi pour la deuxième fois à l’ARP pour demander un vote de confiance sur un remaniement ministériel partiel après celui de septembre 2017.

Le remaniement ministériel devant être voté ce lundi a suscité une vaste polémique au sein de la classe politique tunisienne, voire au sommet du pouvoir en Tunisie.

En effet, le président de la République, Beji Caïd Essebsi, a clairement manifesté son refus de la démarche de M. Chahed, critiqué pour ne pas avoir consulté le chef de l’Etat quant à la composition de son remaniement.

Cependant, certains analystes pensent que M. Chahed dispose d’une “stature politique” et parlementaire suffisante pour espérer jouir de la confiance des députés.

La preuve en est que trois pôles parlementaires appuient, implicitement ou explicitement, Youssef Chahed, à savoir le parti islamiste Ennahdha (Renaissance, l’un des principaux alliés du pouvoir) qui détient 68 sièges, la Coalition nationale, un nouveau bloc parlementaire créé récemment composé de 40 députés, et le parti “Machrou Tounes” (Projet de Tunisie) qui possède 14 sièges.

La composition du remaniement ministériel partiel de Youssef Chahed sera probablement confrontée à une féroce opposition au sein de l’ARP avant d’être validé notamment à la lumière d’un refus catégorique de son propre parti, le parti présidentiel Nida Tounes (Appel de Tunisie), qui détient à lui seul 50 députés.

Principale alliance de partis de gauche, le Front populaire, fort de ses 15 sièges, devrait également être rangé aux côtés de Nida Tounes contre le remaniement de Youssef Chahed, l’accusant d’être manipulé par les islamistes d’Ennahdha et de dériver des priorités socioéconomiques du pays pour aller chercher des intérêts politiques en vue des élections de 2019.

Afrique Diplo

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