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TCHAD: Le débat sur la laïcité

Au Tchad, les leaders chrétiens rejettent le serment confessionnel instauré par la nouvelle Constitution qui instaure la 4e République. On se souvient des images de la ministre limogée en direct le 10 mai dernier pour avoir refusé de prêter serment. Ce week-end, des théologiens protestants ont organisé une conférence pour dénoncer un serment qu’ils estiment contraire à la laïcité et à la République.

Après la ministre Rosine Amane Djibergui, cinq hauts fonctionnaires de l’inspection générale d’Etat, un service chargé d’auditer la gestion des fonds publics, ont été limogés pour avoir indiqué à leur hiérarchie qu’ils ne peuvent, en raison de leur foi chrétienne, jurer comme l’indique l’ordonnance instaurant le serment confessionnel. 

Samedi, trois théologiens protestants ont démonté au cours d’une conférence-débat le principe du serment parce que contraire aux dispositions de la Constitution qui fait du Tchad un Etat laïc. « Le gouvernement tchadien et les différents acteurs de la politique sont appelés à accueillir et considérer une nouvelle compréhension des convictions religieuses qui régissent les réactions de certains Tchadiens confrontés avec la déontologie inspirée par leur religion, a affirmé le pasteur Abel Ngarsouledé, l’un des orateurs. La formule de prestation de serment confessionnelle sur les livres saints, la Bible et le Coran, porte atteinte aux principes constitutionnels qui sont, entre autres, la laïcité, l’unité nationale, la cohésion pacifique. »

Les trois théologiens exhortent le gouvernement à revoir plutôt la gouvernance et renforcer les institutions. Utiliser le nom de Dieu en espérant moraliser la vie publique est un aveu d’échec, a conclu le pasteur Abel Djerareou qui pointe aussi l’absence d’éthique des chrétiens qui a fait le lit à une telle ordonnance.

Afrique Diplo

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