Des dirigeants africains ont donné mardi trois mois à la junte au pouvoir au Soudan pour qu’elle entreprenne des réformes démocratiques, a rapporté l’agence de presse officielle égyptienne MENA. Cette décision a été prise à l’occasion d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine, présidé par le chef de l’Etat égyptien Abdel-Fattah al-Sissi.

“Les pays africains ont convenu de donner plus de temps au Conseil militaire soudanais pour entreprendre les mesures nécessaires avec l’aide de l’UA”, a déclaré M. Sissi cité par MENA.

La semaine dernière, l’UA avait demandé à la junte soudanaise de remettre dans un délai de quinze jours son pouvoir à un gouvernement civil, menaçant de suspendre Khartoum du bloc panafricain si ce délai n’était pas respecté. Le Soudan est gouverné par un Conseil militaire de transition depuis que le président Omar el-Béchir a été destitué par un coup d’Etat le 11 avril.

L’Union africaine a adouci sa position lors du sommet du Caire, sous la houlette d’Abdelfattah al-Sissi : les pays réunis en Egypte réclament une “transition pacifique et démocratique” sous trois mois alors que l’Union africaine avait auparavant donné un délai de quinze jours seulement pour entamer la transition.

A Khartoum, les manifestants continuent de bloquer l’accès au quartier général de l’armée. Ils ne croient pas aux promesses du chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane. Celui-ci a assuré dimanche qu’il accèderait aux revendications des manifestants d’ici la fin de la semaine.

L’opposition, invitée à négocier avec les militaires, a claqué la porte des discussions et la colère reste grande dans les rues de la capitale.

Les manifestants de Khartoum se disent déterminés à éviter un scénario à l’égyptienne : en 2011, Hosni Moubarak avait été renversé par la rue, emprisonné puis libéré. Quant à l’armée égyptienne, elle n’a finalement, en dépit de ses promesses d’alors, jamais rendu le pouvoir aux civils.

 

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