Le président congolais Joseph Kabila a remplacé ce weekend le numéro un de l’armée dans le cadre d’une vague de nominations à l’approche d’échéances électorales, incluant des promotions pour des officiers visés par des sanctions américaines en raison d’entraves à la démocratie.

Le lieutenant-général Célestin Mbala remplacera à l’état-major général des Forces armées de la RDC (FaRDC) le général Didier Etumba, admis en retraite et nommé conseiller militaire du chef de l’État, d’après des ordonnances d’avancement en grade signées samedi et lues dimanche à la télévision publique.

Le général-major Gabriel Amisi, jusque-là commandant des forces armées pour la première zone de défense (qui inclut Kinshasa) est promu chef d’état-major adjoint chargé des opérations et du renseignement pour ainsi devenir le numéro 2 de l’armée. 

Le président Kabila a aussi nommé le général John Numbi, ancien chef de la police nationale, au poste d’inspecteur général des FaRDC.

Ces nominations au sein des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont suscité plusieurs réactions au sein de la classe politique, la société civile congolaise et la diaspora.

Pour l’analyste politique Congolais Guylain Gustave Moke, le  président de l’ARC -UK, (le parti d’Olivier Kamitatu-porte-parole de Katumbi), et leader de l’opinion politique de la diaspora: ” Kabila consolide le pouvoir, s’entoure de ses fidèles, pour écarter la possibilité d’un coup d’état comme le seul moyen réaliste de provoquer un changement de régime”, accuse-t-il.

« L’armée congolaise est la digue qui garde le mouvement démocratique à distance pour protéger le régime de Kabila. Le courant démocratique ne peut déborder sur les rives seulement si l’armée craque », analyse-t-il au téléphone.

”D’une part, depuis son ascension au pouvoir en 2001, le gouvernement a promu une prétendue union civilo-militaire dans laquelle les troupes et les officiers s’impliquent dans tous les aspects du développement national. Et ce partenariat civilo-militaire s’est accru à l’approche de la présidentielle du 23 décembre prochain est censée élire le successeur de M. Kabila, dont le mandat à la tête de l’Etat s’est achevé fin 2016. Ce remaniement au sein  de l’armée est une claire indication que Kabila voudrait bien s’accrocher au pouvoir”.

”D’autre part, le parti au pouvoir manque de structure et de commandement et les forces armées ont comblé le vide du pouvoir depuis 2016. Et alors que grandit l’agitation, Kabila se fie à présent aux forces armées pour le protéger en réprimant les manifestations de rue car les forces armées n’ont que peu de confiance et de respect pour l’opposition, qui est divisée, aussi bien par ses leaders que par sa stratégie”, poursuit-il.

Pour rappel, l’analyste politique congolais, Guylain Gustave Moke, fut le rédacteur politique en chef du journal politique ”La Cloche”. Après sa détention sans procès ni inculpation en 2001, il s’exila au Royaume Uni. Dès lors il ne cesse d’attaquer farouchement le régime de Kabila.

De par ses analyses acerbes contre le gouvernement congolais, Monsieur Guylain Gustave Moke s’est érigé en leader de l’opinion politique de la diaspora Congolaise en Europe.  Le gouvernement congolais l’accuse d’être l’instrument de l’opposition.

Afrique Diplo

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