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RDC: JP Bemba se positionne dans la course à la succession de Kabila

Acclamé par des dizaines de milliers de personnes à son retour en RDC, l’ancien homme d’affaires et rebelle, semble bien décidé à revenir en politique. Jean-Pierre Bemba devrait s’inviter jeudi dans la course à la succession du président Joseph Kabila en République démocratique du Congo, fort de l’accueil triomphal qui lui a réservé la foule pour son retour la veille à Kinshasa.

M. Bemba revient en RDC une semaine avant la date-butoir pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre et qui doit organiser le départ du président Kabila. 

M. Bemba retrouve, à 55 ans, une ville qu’il avait quittée le 11 avril 2007 après des combats meurtriers entre sa milice et l’armée de Kabila (environ 250 morts).

Réputé audacieux, M. Bemba, colosse d’1,90 m au visage rond, obtient à la fin de la guerre un des quatre postes de vice-président dans le cadre d’une transition politique dirigée par Joseph Kabila, qui a accédé à la tête de l’État à la mort de son père en 2001.

Battu par M. Kabila à la présidentielle de 2006 après un entre-deux-tours émaillé de violences, il est élu sénateur. Il refuse alors d’abandonner sa garde rapprochée (privilège que lui valait ses fonctions de vice-président) en disant craindre pour sa sécurité.

L’affrontement avec le pouvoir est inévitable. Bemba en sort perdant. Il quitte Kinshasa sous escorte blindée des Casques bleus une nuit d’avril 2007, après d’intenses combats entre l’armée congolaise et sa milice ayant fait au moins 300 morts en plein cœur de Kinshasa selon l’ONU.

L’enfant chéri de Kinshasa, où il avait obtenu 70% des suffrages contre M. Kabila à la présidentielle, est arrêté à Bruxelles en mai 2008, en vertu d’un mandat d’arrêt de la CPI. Depuis, le MLC (devenu un parti politique) a perdu une vingtaine de ses dirigeants, mais reste la deuxième force d’opposition à l’Assemblée nationale.

L’aventure militaire de M. Bemba commence en 1998. Surnommé le « Mobutu miniature », il a quitté brusquement la capitale l’année précédente après la prise du pouvoir par le chef rebelle Laurent-Désiré Kabila (père de l’actuel président congolais Joseph Kabila) et l’emprisonnement de son père.

Soutenu par l’Ouganda, il crée et dirige le MLC. Ce mouvement rebelle régnera en maître dans la région de l’Équateur et une partie du nord-est du pays.

Comme tous les belligérants ayant pris part à la deuxième guerre du Congo (1998-2003), le MLC est accusé par les Nations Unies d’avoir commis des atrocités à grande échelle dans les zones qu’il contrôlait.

En mars 2016, à La Haye, où il était détenu depuis 2008, il est condamné en première instance par la CPI à 18 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre en 2002 et 2003.

Le MLC appuyait en Centrafrique voisine le président Ange-Félix Patassé, pour écraser une tentative de coup d’État du général François Bozizé qui finira par s’emparer du pouvoir en 2003.

Mais le 8 juin dernier, la CPI l’acquitte en appel et le libère quatre jours plus tard sous condition « car les sérieuses erreurs commises par la chambre de première instance font entièrement disparaître sa responsabilité pénale ».

Après onze ans d’exil, âgé de 55 ans, il revient à Kinshasa dans la ferme intention de concourir à l’élection présidentielle du 23 décembre pour la succession de Joseph Kabila, dont il avait été vice-président.

Le chef de l’Etat, qui ne peut plus se représenter, affirme qu’il respectera la Constitution, mais il n’a toujours pas désigné de « dauphin » au sein de sa majorité présidentielle.

Grand pays d’Afrique centrale, riche en ressources naturelles et minière, la République démocratique du Congo connaît de nombreux problèmes sociaux. La majorité de ses 70 à 80 millions d’habitants vivent avec quelques dollars par jour.

Afrique Diplo

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