Jeanine Mabunda, ancienne ministre du Portefeuille et conseillère de l’ex-président Joseph Kabila en matière de violences sexuelles, a été élue présidente de l’Assemblée nationale mercredi 24 avril avec 375 voix sur 383 votants.

Agée de 55 ans, elle est originaire de l’ex-province de l’Equateur (Nord-Ouest). Diplômée en droit de l’université catholique de Louvain et en sciences commerciales de l’Institut catholique des hautes études commerciales de Bruxelles, Mme Mabunda a travaillé dans les années 1990-2000 à la Citibank RDC puis à la Banque Centrale du Congo.

Nommée à la tête d’une entreprise étatique en 2002, elle se lance alors en politique et devient ministre du Portefeuille en 2012.  Elue en 2011 et réélue en 2018 députée nationale pour le compte de son parti le PPRD, Mme Mabunda est une des fidèles collaboratrices de l’ex- président Joseph Kabila.

Elle a fait preuve d’une méritocratie, estime ainsi sa collègue Geneviève Inagosi, députée membre du FCC :

“Nous avons désormais l’opportunité d’avoir une femme comme deuxième personnalité de ce pays, comme chef des corps. Mais c’est un choix de la compétence. Jeanine Mabunda n’a pas été choisie par ce qu’elle est une femme. Elle a été choisie par ce qu’elle a un profil.”

Selon Geneviève Inagosi, l’élection de Jeanine Mabunda au poste de président de l’Assemblée nationale vient révolutionner l’importance de la femme dans les institutions publiques.

Toutefois, cette élection est décriée par les députés de l’opposition parlementaire qui reprochent à la coalition FCC-CACH, majoritaire au parlement, de leur avoir refusé leurs “deux postes règlementaires” au bureau de l’Assemblée nationale, sans tenir compte du poids des élus de Beni , Butembo et Yumbi, élus avec trois mois de retard sur le reste de l’Assemblée.

Dans une déclaration ce mercredi à Kinshasa, l’opposition parlementaire a déclaré vouloir saisir la justice pour réclamer l’invalidation de l’élection des membres du bureau de l’Assemblée.

Christophe Lutundula, est député membre d’Ensemble pour le Changement :

“L’opposition parlementaire informe l’opinion nationale qu’elle vient de saisir le Conseil d’Etat de sa requête en annulation pour violation de la loi, non seulement de la décision de l’assemblée plénière attribuant injustement à la majorité six postes au bureau définitif contre un seul, celui de rapporteur adjoint, à l’opposition. Mais aussi celle du bureau provisoire portant calendrier de l’élection du bureau définitif.”

La majorité parlementaire FCC-CACH aligne six candidats sur les postes du bureau de l’Assemblée. Seul le poste de rapporteur adjoint a été réservé à l’opposition, qui l’a rejeté, exigeant comme par le passé, celui de deuxième vice-président du bureau.

AfriqueDiplo

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