L’ex vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, réclame plus de 68 millions d’euros de dédommagement, après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il a fait une décennie en prison.

L’ancien chef de guerre a été acquitté par la CPI à la surprise générale en juin des accusations de meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique par sa milice entre octobre 2002 et mars 2003. Il a toutefois été condamné pour subornation de témoins dans le cadre de son procès. 

“Un homme innocent a perdu 10 ans de sa vie”, a affirmé l’avocat de M. Bemba, Peter Haynes, dans un document transmis à la CPI.

“Le but de cette demande est de tenter de réparer une partie des dommages causés à l’homme et à sa famille par son arrestation, sa détention et les actes accessoires de la Cour et de certains États parties”, a-t-il ajouté.

L’ancien vice-président congolais est rentré dans son pays après son acquittement mais la condamnation pour subornation de témoins lui a valu d’être exclu de la course à la présidence en République démocratique du Congo en décembre.

La demande de dédommagement de la défense de M. Bemba intervient alors que les services du procureur de la CPI, fondée en 2002 pour juger les pires crimes commis à travers le monde, sont fragilisés depuis les acquittements du Congolais et de l’ancien dirigeant ivoirien Laurent Gbagbo en janvier.

La défense a souligné lors d’une conférence de presse à La Haye que la demande de dédommagement à hauteur de 68 millions d’euros “représente un peu moins de la moitié du budget annuel de la Cour”.

S’il devait bénéficier de la totalité de l’indemnisation réclamée “pour la perte de dix années de sa vie”, M. Bemba est cependant disposé à verser 22 millions d’euros aux victimes, “afin de fournir des réparations à la population de la République centrafricaine”, a indiqué son avocat.

“Pendant 10 ans, les biens de M. Bemba, dont sept avions, trois villas au Portugal et trois parcelles de terrain au Congo, ainsi que deux bateaux, ont tout simplement été laissés à pourrir”, alors qu’il était derrière les barreaux à La Haye, où siège la Cour, a déclaré M. Haynes.

AfriqueDiplo

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