En juillet 2013, le leader des frères musulmans Mohamed Morsi était évincé du pouvoir. Renversé avec l’aide de l’armée. Aujourd’hui, 5 ans après, les membres du mouvement islamiste continuent d’être jugés.

Juillet 2013, Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte est évincé du pouvoir après une série de manifestations contre lui. Mais son départ forcé entraîne aussi une vague de protestations.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi

Pour faire taire les pro-Morsi, policiers et soldats sont déployés pour réprimer les manifestations.

Bilan : au moins 700 personnes sont tués. La place Rabaa al-Adawiya et une autre du centre du Caire sont même totalement évacuées. Au total, ce seront 739 membres des Frères musulmans qui seront mis en examen après les manifestations de 2013 accusés de dommages criminels.

Récemment donc ce sont 75 islamistes dont des dirigeants des Frères musulmans qui ont ainsi été condamnés à morts. Un nombre de condamnations à la peine capitale dans une seule affaire qui n’avait jamais été atteint jusque-là.

L’éditorialiste Abdel Fattah Fayed estime que ce jugement est révélateur de la situation, ” les jugements ont une grande puissance symbolique. Le conflit politique se déroule à présent au tribunal parce que les parties ne sont plus autorisées à s’exprimer” explique t-il.

Avant de rendre leur verdict, les juges ont, comme la législation l’exige, demandé l’avis consultatif du grand mufti d’Egypte sur les peines. Les condamnés pourront éventuellement faire appel. Mais déjà le procès impliquant les frères musulmans suscite de vives critiques.

Ahmed Al-Attar est militant des droits de l’homme. Pour lui, outre la répression des manifestations de 2013, les procès sont une double peine “l’action d’expulsion était un massacre à ce moment-là, et le verdict maintenant est le deuxième massacre des Frères musulmans.”

Les 75 islamistes dont le dossier est aux mains du mufti ont été reconnus coupables d'”attroupement ayant perturbé l’ordre et la sécurité”. Ils ont également été condamnés pour avoir notamment mis la vie de personnes en danger, résisté aux forces de police ainsi que pour “meurtre avec préméditation” et vandalisme.

Plus de 600 autres islamistes accusés dans cette affaire devraient être fixés sur leur sort après que le mufti aura rendu son avis, le 8 septembre prochain.

Afrique Diplo

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