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DJIBOUTI: Terre d’asile depuis plus de 42 ans

Depuis son accession à l’indépendance il y a 42 ans, Djibouti accueille un grand nombre de réfugiés en provenance des pays voisins, a noté dimanche le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, au 32e Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, en Ethiopie, placé sous le thème « Année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées : vers des solutions durables aux déplacements forcés en Afrique ».

La question des réfugiés, rapatriés et personnes déplacées est préoccupante en Afrique, et plus particulièrement dans la région de la Corne d’Afrique, a souligné M. Guelleh.

« Depuis 1977, au gré des catastrophes humaines, des sécheresses et des impératifs régionaux, notre pays continue d’accueillir les réfugiés et les déplacés. Certains vivent en harmonie avec leurs frères djiboutiens sur notre territoire national depuis trois générations », a-t-il indiqué en substance. 

Le chef d’Etat djiboutien a rappelé à cet effet les efforts considérables menés par le gouvernement et le peuple de son pays en vue d’offrir aux personnes déplacées une hospitalité digne et de leur permettre d’étudier et de travailler.

Il a évoqué également les facilités offertes par Djibouti en faveur des enfants réfugiés, notamment l’accès au système éducatif et au système sanitaire.

Le chef de l’Etat djiboutien a fait savoir par ailleurs que dans son pays, les réfugiés ont également accès à l’ouverture de comptes en banque et au crédit, et que la carte de réfugié fait office de permis de résidence et de permis de travail.

« Par conséquent, ils sont libres d’exercer une activité indépendante ou un travail salarié et ainsi d’avoir accès à l’autosuffisance », a-t-il estimé.

Situé au croisement de la mer Rouge et de l’océan Indien, dans cette partie de l’Afrique marquée par la guerre, les déplacements et la famine, Djibouti, le plus petit Etat de la région, de par sa superficie (25 000 kilomètres carrés ) et sa population (950 000), a accueilli, selon les chiffres disponibles, plus de 26 000 réfugiés officiels. Il faut ajouter quelque 4000 réfugiés yéménites qui sont arrivés à Djibouti depuis 2015, date du début du conflit armé au Yémen.

En effet, depuis plus de trois décennies, le gouvernement djiboutien et les Nations Unies ont conjugué leurs efforts dans l’amélioration des normes de protection et des conditions de vie dans les camps de réfugiés à Djibouti, notamment par la voie de l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS), structure relevant du ministère djiboutien de l’Intérieur.

Situé au sud-est du pays, près de la région frontalière montagneuse avec l’Ethiopie, le camp d’Ali-Addeh accueille à lui seul quelques 20 000 réfugiés, dont 70% sont des femmes et des enfants, et pour la plupart originaire de la Somalie.

Le pays est également une zone de transite pour l’immigration clandestine à destination des pays du golfe arabique. Environ 80% des migrants, qui arrivent chaque année au Yémen pour atteindre la péninsule arabique, passent par Djibouti, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais les conditions désastreuses qu’ils subissent posent des défis humanitaires pour les autorités et les communautés locales.

Le 30 janvier dernier, le naufrage de deux bateaux surchargés aux larges de Djibouti a coûté la vie à au moins à 52 personnes, selon l’OIM.

En 2011, l’OIM a ouvert un Centre d’Orientation et d’Accueil des Migrants (COAM) à Obock, située dans le nord de Djibouti, pour sensibiliser les migrants aux risques et dangers liés à la migration irrégulière, notamment aux risques d’abus et de traite des êtres humains, aux risques liés à la traversée de la mer, aux difficultés sur le passage au Yémen, etc.

Par Sandrine Morel

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