Une trentaine d’organisations de la société civile ont dénoncé mercredi à Ouagadougou la “criminalisation de l’insurrection populaire”, à l’occasion du quatrième anniversaire du soulèvement qui a entraîné la chute du président burkinabè Blaise Compaoré en 2014.

“Le pouvoir MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) et ses alliés (…) ont criminalisé l’insurrection dans le nouveau code pénal, y prévoyant même une peine de prison à vie pour quiconque participe à une insurrection”, a déclaré le président du mouvement burkinabè des droits de l’homme et du peuple (MBDHP), Chrysogone Zougmoré, lors d’une cérémonie de commémoration de cette insurrection. 

“Qu’ils se détrompent. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La prochaine insurrection du peuple déçu n’épargnera aucun clan car notre peuple, fort de son expérience depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014, sait désormais faire la différence entre ses vrais et ses faux amis”, a-t-il lancé, sous les acclamations de milliers de personnes, après une marche à Ouagadougou.

Principal responsable du MPP, fondé en janvier 2014, le président Roch Marc Kaboré est un ancien baron du régime de Blaise Compaoré. Il avait rejoint l’opposition avant la chute de Compaoré, chassé par la rue après 27 ans passés à la tête du Burkina.

“La commémoration (…) de l’insurrection populaire d’octobre 2014 se tient dans un contexte marqué par la faillite du pouvoir du MPP et son incapacité à répondre aux attentes des masses populaires et par la recrudescence des attaques terroristes qui suscitent des inquiétudes légitimes des populations en ce qui concerne leur sécurité, la paix sociale et l’intégrité du pays”, a indiqué M. Zougmoré.

Selon lui, “la crise socio-économique, politique et sécuritaire actuelle est une crise révolutionnaire et la solution ne peut être que révolutionnaire”, appelant à “l’unité des démocrates, patriotes et révolutionnaires pour poursuivre et intensifier la lutte (…) pour un véritable changement politique en faveur des peuples”.

Ces organisations de la société civile et des associations des blessés de l’insurrection populaire ont boycotté la cérémonie officielle d’hommage aux martyrs de l’insurrection et de la résistance au putsch manqué de septembre 2015.

La répression des manifestants avait fait officiellement une trentaine de morts et plus de 600 blessés.

Afrique Diplo

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