Le gouvernement algérien a réagi pour la première fois suite aux manifestations organisées vendredi dernier pour protester contre la volonté du président sortant, Abdelaziz Bouteflika, à briguer un cinquième mandat.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia, a réagi devant les députés alors qu’il exposait le plan d’action de son gouvernement pour 2019. Il a déclaré à cet égard que “la Constitution garantit au citoyen le droit de manifester pacifiquement dans le cadre de la loi”, relevant à cet effet que “les marches organisées dans certaines villes du pays vendredi dernier ont été marquées par un caractère pacifique”. 

Des marches pacifiques massives se sont ébranlées vendredi en Algérie. Les centaines de manifestants sont battu le pavé pour protester contre la décision du président sortant Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, et scandé des slogans appelant à mettre en place des réformes.

En commentant les slogans lancés lors des manifestations, exhortant le président Bouteflika à ne pas briguer un cinquième mandat, le Premier ministre a déclaré “Chacun a le droit de soutenir un candidat ou s’opposer à un candidat, mais le denier mot revient à l’urne”, affirmant à l’occasion que “l’élection présidentielle aura lieu dans moins de deux mois (le 18 avril) et constituera une occasion pour notre peuple de choisir librement et souverainement son président (..)”.

A propos de l’autre slogan porté par les manifestants et ayant trait au changement, le chef de l’exécutif a rappelé que “le président Bouteflika s’est engagé, en cas de réélection, à organiser une conférence de consensus nationale, sans précédent dans l’histoire du pays. Cette conférence sera ouverte à tous, et toutes les questions pouvant être débattues, à l’exception des constantes nationales et du caractère républicain de l’Etat”.

Il a ensuite ajouté que “les politiciens, les organisations sociales et économiques, ainsi que les représentants de la jeunesse seraient les bienvenus et libres de présenter leurs propositions de changement, y compris un changement radical de la Constitution.”

M. Ouyahia a exhorté les Algériens à “faire preuve de vigilance”, afin que des parties anonymes ne les utilisent pas pour semer le chaos, affirmant que les “responsables ou citoyens lambda, nous sommes tous enfants du même peuple. Nous pouvons être d’accord ou diverger, mais nous sommes tous les enfants de l’Algérie, une Algérie qui a connu des larmes et une tragédie. Tout le monde a le droit de vivre dans la paix et la stabilité (…) la constitution garantit le droit de manifester pacifiquement et j’espère que l’expression restera pacifique et que la démocratie algérienne prévaudra”.

La marche de vendredi a été lancée via des plateformes de médias sociaux et revêt un caractère anonyme. D’autres manifestations importantes sont prévues dans les prochains jours, notamment les 28 février et 3 mars, ont déclaré des activistes.

Le 10 février, le président en exercice a annoncé qu’il se présenterait à la prochaine élection présidentielle prévue pour le 18 avril, tandis que les partis d’opposition le pressaient de “céder le pouvoir en laissant la nouvelle génération diriger le pays”.

M. Bouteflika est depuis dimanche à Genève, en Suisse, où il subit des examens médicaux, selon un communiqué de la présidence. Âgé de 82 ans, M. Bouteflika a été amoindri par un accident vasculaire cérébral en 2013, alors qu’il a été réélu en 2014 pour un quatrième mandat successif.

AfriqueDiplo

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