You are here
Home > ANALYSE > ALGERIE: La fin de Bouteflika

ALGERIE: La fin de Bouteflika

Le chef de l’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, cible d’une contestation inédite depuis un mois, a informé le Conseil constitutionnel de sa démission « à compter hier », mardi, avaient annoncé les médias officiels, citant la présidence de la République.

Au pouvoir depuis 20 ans, M. Bouteflika « a avisé officiellement le Conseil constitutionnel de la fin de son mandat. L’agence de presse officielle APS a indiqué que le président de la République avait « notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat ».

C’est le président du conseil de la Nation (chambre haute) Abdelkader Bensalah qui doit assurer l’intérim selon la constitution algérienne. 

Cette démission intervient après plus d’un mois de crise politique débutée avec l’annonce le 10 février d’Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et très affaibli par un AVC en 2013, de briguer un cinquième mandat lors d’une élection présidentielle qui était initialement prévue le 18 avril mais a par la suite été repoussée sine die.

Elle « est aussi destinée à contribuer à l’apaisement des coeurs et des esprits de mes compatriotes, pour leur permettre de projeter ensemble l’Algérie vers l’avenir meilleur auquel ils aspirent légitimement », explique le chef de l’Etat dans sa lettre de démission, publiée par l’agence officielle APS.

Depuis plus d’un mois, des millions de manifestants à travers l’Algérie réclamaient dans le calme le départ d’Abdelaziz Bouteflika, mais aussi celui de son entourage et plus largement du « système » au pouvoir.

Semaine après semaine, le président Bouteflika, qui n’apparaît quasiment plus en public depuis son AVC en 2013, a tenté de s’accrocher au pouvoir, multipliant les propositions assimilées par la rue à des manoeuvres, sans jamais réussir à calmer la contestation, dont le pacifisme constant au fil des semaines a été salué à travers le monde.

Massivement lâché jusque dans son camp, il s’était retrouvé ces derniers jours très isolé après que le général Gaïd Salah, indéfectible allié jusque-là, eut affirmé que son départ du pouvoir était la solution à la crise, position à laquelle se sont ralliés rapidement l’essentiel des piliers du régime.

Cette « accélération des événements (…) montre la rupture de confiance entre l’armée et le pôle présidentiel après plusieurs années de caution militaire à Bouteflika et de caution civile à l’armée ». Il y a sans doute l' »impatience de l’armée de voir le président partir », en raison de la crainte de l’institution militaire « d’arriver à un vide institutionnel (…) si le président ne respectait pas ce délai de démissionner avant le 28 avril ».

Après un mois de contestation exemplaire, les Algériens se réveillent, pour la première fois en 20 ans, sans Abdelaziz Bouteflika à la tête du pays mais, la joie passée, n’entendent pas baisser la garde et veulent désormais obtenir le départ de tout le « système » au pouvoir.

AfriqueDiplo

Please follow and like us:
Top