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AFRIQUE: L’UA tourne la page Kagame et ouvre un chapitre égyptien

L’Union africaine (UA) tourne la page Kagame et ouvre un chapitre égyptien. Le président rwandais cède la direction tournante de l’Union africaine à son homologue égyptien. Le 32e sommet de l’Union africaine s’est ouvert à Addis-Abeba avec le traditionnel discours du président de la Commission de l’Union africaine.

Ce qui devait être la conférence de presse, qui tient habituellement lieu de cérémonie de clôture, s’est transformé en une simple déclaration du président en exercice entrant, l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, et du président de la commission, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Les journalistes présents n’ont en effet pas pu poser la moindre question, ce qui est certainement une première dans l’histoire de l’organisation continentale.  

Une rotation systématique du bonnet de chef qui pose parfois problème dans la résolution de certaines crises. Comment, en effet, des personnalités qui ne sont pas réputées être des parangons de démocrates, et c’est un euphémisme, peuvent-elles jouer les médiateurs ou même se piquer de donner des leçons quand surviennent des contentieux électoraux ?

De nombreuses voix dénoncent le choix porté sur Abdel Fattah al-Sissi à la présidence tournante de l’UA. L’actuel chef d’Etat égyptien est arrivé au pouvoir par un coup de force qui a renversé son prédécesseur en 2013, l’islamiste Mohamed Morsi, élu un an plus tôt.

L’ONG Amnesty International a exprimé ses craintes quant à l’impact de la présidence du numéro un Egyptien sur les mécanismes d’évaluation des droits humains en Afrique.

Pourtant, Abdel Fatah al-Sissi s’est fait réélire confortablement en 2014 et en 2018, sans véritable adversaire. Comme Hosni Moubarak, déchu en 2011 à la faveur d’une révolte populaire, le maréchal al-Sissi a érigé le culte de sa personnalité en système de gouvernance.

Au fil des ans, il est devenu l’un des chantres de la lutte contre le terrorisme et l’émigration. Les pays occidentaux voient en lui un allié précieux et lui apportent leur soutien financier, diplomatique et militaire.

Dans son tout premier discours à la tête de l’UA, Abdel Fattah al-Sissi a résumé ses actions à la tête de l’organisation en trois axes:- le développement des infrastructures,- l’accélération et l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC),- et la création d’emplois pour la jeunesse du continent.

« La voie est encore longue » en vue d’atteindre l’objectif de l’UA de « faire taire les armes » d’ici à 2020 sur un continent traversé par de nombreux conflits, a poursuivi Abdel Fattah al-Sissi.

Le nouveau président en exercice de l’UA a annoncé l’organisation d’un « forum pour la paix et le développement » à Assouan (Egypte) dans le courant de l’année 2019.

De toutes les façons une année, c’est vite passé et on est bien curieux de savoir quel bilan le Maréchal présentera dans un an quand il passera le témoin au Sud-Africain Cyril Ramaphosa.

AfriqueDiplo

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