La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) d’Afrique doit entrer en vigueur le 30 mai.

La ZLEC, signée par 44 pays africains lors d’un sommet de l’Union africaine à Kigali en mars 2018, a pour but de créer un continent exempt de droits de douane, capable de développer les entreprises locales, de stimuler le commerce intra-africain et l’industrialisation, et de créer davantage d’emplois.

Le pacte a été ratifié par 22 membres de l’Union africaine (UA), atteignant le seuil requis pour son entrée en vigueur.

L’accord éliminera progressivement les droits de douane en faveur des échanges commerciaux interafricains, ce qui permettra aux entreprises africaines de faire le commerce plus facilement et de bénéficier d’un marché unique africain en croissance, selon l’UA.

La décision d’établir une zone de libre-échange continentale a été adoptée en janvier 2012 lors de la 18ème session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, tandis que les négociations sur la ZLEC au sein de l’UA ont débuté en 2015.

Le premier forum de négociations sur la ZLEC s’est tenu en février 2016 et sept autres se sont succédés jusqu’à la signature de l’accord en mars 2018.

Les responsables du commerce du continent se réuniront en juin 2019 pour achever les travaux liés aux instruments à l’appui, afin de faciliter le lancement de l’étape opérationnelle de la ZLEC lors d’un somment extraordinaire des chef d’Etat et de gouvernement, a déclaré l’UA dans un communiqué.

Si tous les 55 membres de l’UA adhèrent à l’accord, la ZLEC deviendra la plus grande zone de libre-échange du monde en termes de nombre de pays, couvrant plus de 1,2 milliard d’habitants avec un produit intérieur brut (PIB) combiné de 2.500 milliards de dollars, a affirmé l’UA.

Après la mise en oeuvre de cet accord, les échanges commerciaux intra-africains doivent augmenter de 52% d’ici l’an 2022, selon les chiffres de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique.

Avec l’entrée en vigueur aujourd’hui, l’Afrique se met désormais à faire de grands progrès dans l’intégration économique et à renforcer sa participation à la mondialisation économique.

Au cours des dernières décennies, l’Afrique a été considérée comme l’une des régions du monde les moins intégrées au commerce global, une sorte d’exception dans l’histoire de la mondialisation.

Selon les statistiques disponibles, le commerce intra-africain représente environ 15% du volume total du commerce africain, et seulement 2% du commerce mondial.

Dans ce contexte, la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) revêt une grande importance pour ce continent plein de promesses.

La ZLEC supprimera progressivement les droits de douane et fera baisser les barrières non tarifaires. Elle aidera à améliorer les infrastructures de qualité déplorable et les postes frontaliers inefficaces. Elle facilitera aussi la circulation des marchandises, des ressources humaines ainsi que des fonds au sein de la région, et stimulera la croissance commerciale en reliant les économies fragmentées du continent dans un marché intégré de plus d’un milliard de clients potentiels.

Elle accélérera également le processus d’urbanisation à mesure que davantage d’investissements seront attirés par le continent, à l’affût des grands profits économiques offerts par ce marché intégré. Cette expansion urbaine, soutenue par une population jeune et une main-d’œuvre toujours plus nombreuse, contribuera à une augmentation rapide de la consommation des ménages et des entreprises, assurant ainsi une croissance économique plus durable et plus diversifiée.

L’accord ZLEC arrive à point nommé alors que le continent s’associe davantage au reste du monde pour un développement commun: Par exemple, la Chine et l’Afrique sont aujourd’hui des partenaires privilégiés dans la coopération en matière d’infrastructures et de capacités industrielles dans le cadre de l’initiative la Ceinture et la Route (ICR).

De nombreux défis auxquels le commerce intra-africain est confronté sont partiellement dûs au coût élevé du transport de marchandises au passage des frontières. Les prochaines années devraient voir la Chine jouer un rôle crucial pour aider à libérer le potentiel commercial de la ZLEC en aidant la région à combler l’énorme déficit d’infrastructures de manière abordable.

En même temps, l’épanouissement des parcs industriels construits avec l’aide chinoise en Afrique devraient apporter de plus en plus de produits “fabriqués en Afrique” sur le marché mondial.

La mise en œuvre effective de l’accord sur la ZLEC signifie beaucoup pour le monde. Une Afrique intégrée assurera un meilleur équilibre du système commercial mondial et contribuera au processus de mondialisation.

Les dernières années ont été marquées par la montée d’un sentiment anti-mondialisation. Certains politiciens reprochent à celle-ci d’avoir creusé les écarts de richesse et créé une croissance économique déséquilibrée entre différents pays et régions.

Les progrès en matière d’intégration économique de l’Afrique, une région dont on prévoit la croissance rapide dans les années à venir, libéreront davantage le potentiel du continent et faciliteront sa progression vers la prospérité.

Un marché émergent de cette envergure contribuera assurément à son tour à stimuler la mondialisation.

Publie par AfriqueDiplo ( Avec l’autorisation de UN Press release)

Extrait du: rapport économique de l’afrique 2018  ( United Nations Development Program)

Authored by: Professor Guylain Gustave Moke

European Institute of Research/Birmingham University

UN Press Release

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