La Première dame du Burundi, Mme Denise Bucumi, a recommandé mercredi à Bujumbura une “forte” implication des médias locaux pour “briser la stigmatisation” contre les couples infertiles en Afrique.

Mme Bucumi, épouse du chef d’Etat burundais Pierre Nkurunziza, procédait à l’ouverture d’un atelier de formation des journalistes burundais sur “l’infertilité des couples en Afrique”, organisé par la “Fondation Buntu” (ONG burundaise sans but lucratif agréée en décembre 2005) dont elle est Représentante Légale, et en partenariat avec “Merck Foundation”, une organisation philanthropique allemande focalisée sur la santé.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’infertilité en Afrique considéré longtemps comme un “sujet tabou”, est devenue pourtant au fil des années, une “vraie question” de santé publique parce qu’affectant près de 30% des couples sur le continent. 

Car, en Afrique, lorsqu’un couple est confronté à la stérilité, la pierre est “d’abord jetée à la femme” parce que la pression sociale autour de la maternité est très forte ; et, pour leur part, les hommes en souffrent aussi des “perceptions et préjugés” sociaux à cause de la confusion prévalant entre la virilité et la fertilité.

La Première dame du Burundi a rappelé que le 19 mars 2019, la Fondation Buntu a récemment procédé au lancement officiel de la campagne “More than a mother” (“Plus qu’une mère”) qui vise l’autonomisation et la valorisation des couples infertiles.

Elle a précisé que cette campagne, la sensibilisation est une des principales missions à mener pour parvenir aux objectifs qu’on s’est fixés.

“En effet, l’accès à l’information permettra de briser le tabou sur les activités qui découlent souvent de l’ignorance et de certaines croyances culturelles dont nous devons nous affranchir aujourd’hui”, a expliqué la Première dame du Burundi.

Sur ce, elle a saisi l’occasion pour interpeller particulièrement les professionnels des médias pour contribuer à la résolution du défi de la vulnérabilité des “populations burundaises sous-informées et mal informées”, en l’occurrence sur cette problématique d’infertilité des couples.

Auparavant, M. Thierry Kitamoya, assistant du ministre burundais de la Communication et des Médias, avait enfoncé le clou pour souligner que cette campagne de sensibilisation contre la stigmatisation des couples infertiles en Afrique menée sous l’égide de la Première dame burundaise vient à point nommé au Burundi.

En effet, a-t-il expliqué, la stigmatisation liée à l’infertilité “dans notre société burundaise” est plus qu’une réalité.

Ce qui est plus grave au Burundi est selon lui, le fait que le tort soit toujours jeté à la femme dans un couple infertile comme si l’homme est toujours à l’abri de cette pathologie ; un comportement à déplorer puisque les spécialistes de la santé attestent que l’infertilité affecte les hommes et les femmes de manière égale, a-t-il ajouté.

C’est pourquoi, a-t-il explicité, le défi à relever en matière d’accès à l’information en la matière “existe bel et bien” au Burundi ; car, la thématique d’infertilité des couples “reste presque tabou dans les médias burundais”.

Il a souhaité que ce phénomène fasse désormais partie des préoccupations des journalistes burundais dans leurs productions quotidiennes.

Cette formation, a-t-il indiqué par ailleurs, devrait “ouvrir les yeux” aux journalistes burundais qui, à leur tour, vont amener la société à comprendre ceci : “l’infertilité n’est pas une fatalité, elle peut être soignée et guérie ; et que même les couples infertiles ne sont pas à stigmatiser”.

Pour sa part, Dr Sylvestre Bazikamwe, médecin gynécologue-obstétricien enseignant à la Faculté de médecine de l’Université du Burundi(UB), 80% des infections mal soignées, sont responsables de l’infertilité des femmes burundaises.

Sous d’autres cieux en Afrique comme au Cameroun, au Togo, au Ghana, au Sénégal, en Afrique du Sud, au Maroc et en Tunisie, une des solutions auxquelles on recourt en réaction face à cette problématique sur l’infertilité des couples, est la “procréation médicalement assistée” (PMA) via la technique de “fécondation in vitro”(FIV).

AfriqueDiplo

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