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AFRIQUE: La pérennité de la production de café

Les producteurs de café d’Ethiopie et du Burundi pourraient mieux exploiter tout le potentiel de leurs cafés en répondant à l’intérêt croissant pour les produits de qualité supérieure et pour la durabilité environnementale, selon un nouveau rapport publié lundi par la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED).

Dans un numéro spécial intitulé « Coup d’œil sur les produits de base sur le café est-africain », la CNUCED rappelle que plus de 120 millions de personnes dans le monde dépendent du secteur du café, dont 25 millions de petits exploitants et de travailleurs du café, dont la moitié vivent en Afrique

C’est donc un marché du café qui continue de croître. « Mais l’Ethiopie, berceau ancestral de variétés recherchées d’arabica, et le Burundi, où le café est un pivot de l’économie depuis les années 1920, peuvent faire davantage pour tirer parti des micromarchés à forte valeur ajoutée et prendre des mesures pour garantir la pérennité de leur offre », a déclaré Pamela Coke-Hamilton, directrice de la division du commerce international des biens, des services, et des produits de base de la CNUCED.

Parmi les facteurs qui menacent la pérennité de la production de café en Afrique de l’Est, la baisse de la qualité et de la productivité des cultivars, l’augmentation des coûts de production, et le manque d’intérêt des exploitants jeunes, lesquels connaissent les difficultés rencontrées par les générations précédentes pour vivre correctement de la culture du café.

L’étude de cas montre que l’instabilité de la production au Burundi est due aux cycles climatiques, au vieillissement des arbres, souvent âgés de plus de 40 ans, à la dégradation des sols, à l’absence de pratiques agricoles adaptées et, dans une certaine mesure, à l’instabilité politique. Selon la CNUCED, les exportations de café, avec le thé, représentent 90% des recettes en devises du Burundi.

« Le Burundi ayant prouvé qu’il est capable de produire un excellent café prisé des consommateurs, tout devrait l’inciter à renforcer le pouvoir des petits exploitants grâce à une meilleure organisation des coopératives », fait remarquer la CNUCED. Pour l’agence onusienne basée à Genève, le pays d’Afrique centrale devrait investir dans une intelligence économique qui aide les acteurs sur ce marché à mieux comprendre les facteurs liés à la demande croissante sur les micromarchés d’importation. Une façon d’inviter Bujumbura à tirer parti de la réputation dont bénéficie le pays, « producteur apprécié de cafés originaux ».

Quant à l’Ethiopie, elle se heurte à un scénario analogue. Selon la CNUCED, son principal problème réside « dans la qualité irrégulière du café à laquelle s’ajoute la présence de ravageurs et de maladies, la variabilité climatique, les mauvaises pratiques agricoles, la formation insuffisante des producteurs, sans compter une organisation et une gestion de la chaîne de valeur insuffisantes ».

Afrique Diplo

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