Une commission parlementaire sud-africaine a apporté son soutien jeudi à un changement de la Constitution portant sur une réforme foncière prévoyant des expropriations de terres sans compensation pour corriger des inégalités datant de l’apartheid.

Les parlementaires du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), et le parti radical de gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF) ont voté pour cette modification de la Constitution tandis que le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique, s’est exprimée contre.

Cyril Ramaphosa devant la presse, le 20 avril 2018.

Sous la pression de son parti, l’ANC, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré qu’il souhaitait que la Constitution soit modifiée pour explicitement autoriser les expropriations de terres sans que les propriétaires soient dédommagés.

Le projet vise à corriger les inégalités entre la majorité noire et la minorité blanche héritées de l’apartheid. Mais il suscite des inquiétudes dans le pays et à l’étranger.

Le 26 octobre, le président Ramaphosa a tenté de rassurer les investisseurs étrangers inquiets, assurant que les entreprises seraient épargnées.

“La commission conjointe de révision constitutionnelle a adopté son rapport en faveur d’un amendement à la section 25 de la Constitution autorisant l’Etat à exproprier des terres sans compensation”, a déclaré le Parlement dans un communiqué.

Le président de la commission parlementaire Stan Maila a déclaré qu’il y avait “un besoin pour une réforme agraire urgente et accélérée en vue de corriger les injustices du passé (…) la colère (…) parmi les dépossédés était nette”.

M. Ramaphosa a engagé il y a quelques mois une réforme pour rééquilibrer la structure de la propriété foncière en Afrique du Sud, toujours largement aux mains de la minorité blanche un quart de siècle après la chute de l’apartheid.

Afrique Diplo

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