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DJIBOUTI: Le Projet « Zéro Bidonvilles à Djibouti »

La Banque mondiale (BM) va financer à hauteur de 20 millions de dollars le projet « Zéro Bidonvilles à Djibouti », qui vise à améliorer les conditions de vie des habitants des zones urbaines du pays , selon un communiqué de la BM publié dimanche dans la presse locale.

L’objectif de ce programme, dont le financement a été approuvé vendredi dernier par la BM, est d’améliorer l’accès de plus de 120 000 citoyens djiboutiens aux services urbains et sociaux et à l’emploi en facilitant leur mobilité.

Il est par ailleurs prévu dans le cadre de ce projet de financer le développement des infrastructures sociales dans les différentes zones ciblées pour décongestionner les quartiers les plus peuplés et faciliter le transport public, les interventions d’urgence et la circulation des personnes et des biens. 

Le programme « Zéro Bidonvilles à Djibouti » a également pour objectif de permettre aux autorités locales d’élaborer un programme intégré d’aménagement urbain et de prévention de l’extension des bidonvilles.

Les ministères de la Santé et de l’Education pourront notamment faire en ce sens des choix stratégiques d’implantation des centres médicaux et des établissements scolaires, fondés sur les besoins de la population plutôt que sur la seule disponibilité des terrains, selon les explications de la ministre déléguée au Logement, Amina Abdi Aden, citée dans ce document.

« Le gouvernement de Djibouti a pour ambition d’éliminer les bidonvilles sur son territoire et d’offrir de bonnes conditions de vie à tous les habitants. Cette aide est une étape importante de notre projet de transformation et c’est le premier financement d’un important programme de restructuration », a-t-elle fait savoir.

Pour le représentant résident de la Banque mondiale à Djibouti, Atou Seck, également cité dans ce communiqué, cette opération est un grand pas en avant pour assurer à l’ensemble de la population des conditions de logement correctes et un meilleur accès aux services sociaux et à la mobilité.

« L’aide apportée soutiendra les investissements mais aussi les réformes, en particulier les actions déjà entreprises par le gouvernement en matière d’administration et de réglementation », a-t-il indiqué.

Des propos complétés par Alexandra Le Courtois, spécialiste du développement urbain au sein de la Banque mondiale, qui a précisé que les habitants des zones ciblées par le projet, en particulier les jeunes et les femmes, bénéficieraient de la création d’emplois et de nouvelles opportunités d’affaires. Il a tenu à souligner que ce projet permettrait surtout aux enfants habitant ces zones de ne plus marcher autant qu’aujourd’hui pour aller à l’école, avec un meilleur accès aux transports, à l’eau et à l’éclairage public.

Selon une étude de la BM, l’urbanisation galopante de la capitale de Djibouti découle à la fois d’une croissance démographique naturelle et d’un afflux continu de personnes en provenance des zones rurales et des pays voisins. Le rapport souligne également que ce petit pays de la Corne d’Afrique qui compte moins d’un million d’habitants pour 23.000 km carrés fait face à un nombre grandissant d’habitants qui s’installent en ville pour des motifs économiques ou qui sont contraints de quitter leurs foyers en raison des sécheresses répétées des trente dernières années et des conflits qui règnent dans la région.

Toujours selon les chiffres de la BM, avec l’augmentation de la population, de nouveaux quartiers ont vu le jour en périphérie de la ville de Djibouti. Actuellement, plus d’un tiers des habitants de la capitale djiboutienne vit aujourd’hui dans 13 bidonvilles qui s’étendent rapidement. L’extension de ces zones urbaines a le plus souvent échappé à tout contrôle et les autorités ont le plus grand mal à assurer l’accès de la population aux services de base, a en croire les analystes de la banque.

En République de Djibouti, la BM finance actuellement onze projets d’un montant total de 150 millions de dollars.

Ces projets portent sur les filets sociaux, l’énergie, le développement des communautés rurales, la réduction de la pauvreté urbaine, la santé, l’éducation, la modernisation de l’administration publique, la gouvernance et la croissance du secteur privé, en mettant tout particulièrement l’accent sur les femmes et les jeunes.

Afrique Diplo

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